jeudi 29 décembre 2016

Ma vie de motard (1/2)


Il n'y a pas longtemps, alors que j'arpentais quelques chemins sur mon tromblon de luxe avec un gros sourire aux lèvres, une idée me traversa l'esprit : 

"Et si je publiais un test de l'Africa Twin?"

Avec son bicylindre en ligne, ses doubles suspensions à percussions quantiques, ses jantes en adamentium, son tableau de bord nucléaire et ses durites en pierre de lune, je me disais que ma grosse sauterelle méritait bien un article à elle toute seule.

Parce qu'elle le vaut bien... #PoseDeConnard #Expert

Ce jour là j'ai pris conscience que cette moto était en train de m'ouvrir à de nouveaux horizons, qu'elle était en train de finir de changer ma vision de la pratique moto, et écrire un test me paraissait une bien bonne idée...non?

Bah, non.

Une idée complètement conne, même, puisque la moto et moi, ça fait douze. Je sais à peine ce qu'est un cylindre, j'ai appris ce qu'est une durite il y a six mois et que je n'ai toujours pas compris comment on passe les vitesses.

D'ailleurs, la moto et moi, ce n'est pas une histoire qui allait de soi, pas du tout. Et je me demande presque chaque jour comment j'en suis arrivé "là".

"Là", ce sont les voyages, les sorties, les balades, ce blog, et surtout ce besoin viscérale de rouler.

Une question d'opportunités et de hasard, saupoudrés d'un soupçon de volonté, sans doute, comme beaucoup de choses dans la vie.

Je n'ai jamais vraiment eu envie de faire de la moto, je devais aussi me dire inconsciemment que ce n'était pas pour moi, n'ayant pas eu une éducation promouvant à outrance l'instinct d'aventure et la prise de risque. Bien sûr, de temps en temps, je regardais les kékés arborant le combo full cuir / visière fumée / roadster avec une pointe de curiosité. 

Mais rien de plus. Quoique...

Je me rappelle qu'en 2008 je m'étais vaguement renseigné sur internet pour savoir si on pouvait passer son permis moto en étant sourd. Comme souvent, c'est ceux qui n'y connaissaient rien qui se sont fait le plus entendre - si j'ose dire, hou, hou, hou, et leur verdict était sans appel : "c'est trop dangereux", "tu ne pourras pas passer les examens", etc, etc...
J'ai donc vite sorti cette idée de mon esprit, d'autant qu'à cette époque j'étais thésard, avec ce que cela induit en terme de finance et de temps disponible. 

Bref...passons.

Nous voilà à l'été 2011. Les études sont derrières moi, je viens de décrocher mon premier poste à Bordeaux, je me suis séparé de ma compagne et je me retrouve donc seul, sourd, dans une ville où je ne connais rien, ni personne. Une période peu évidente qui m'a renvoyé en pleine gueule mon handicap, alors que jusque là j'avais toujours à mes côtés des personnes me connaissant, sachant se faire comprendre, faisant attention à leur élocution et me servant de "traducteur" avec les gens inconnus.

Donc, en gros, c'était quand même un peu la merde, pour rester poli.

Mais dans un sursaut comportementale finalement proche de l'instinct de survie, une des voix dans ma tête me chuchota alors une idée à la con :

"Fais un truc qui n'est pas pour toi, lâche toi un peu : passe ton permis moto".

Rien que ça.

Il faut dire qu'à cette époque, la moto, j'en rêvais beaucoup. Je veux dire, je n'en avais pas plus envie qu'avant, mais j'en rêvais vraiment, la nuit en dormant.

Gné.

Vous avez bien saisi, je me suis lancé dans mon permis parce que mon esprit malade m'emmenait chaque nuit, ou presque, sur des motos avec des roues de deux mètres de diamètres, glissant sur des routes en herbe alors que je tentais d'échapper à une horde belliqueuse de poulpes géants bulgares. Ou Hongrois, je ne sais plus, il faudra que je leur demande la prochaine fois.

Salut, moi c'est Adrian, 29 ans, bientôt 32. Et je n'ai aucun problème de santé mentale.
(Source: affiche du flim "Bernie")

Alors pour ne pas mourir idiot, pour savoir ce que cela faisait de poser son cul sur une moto, une vraie, je suis parti à la recherche d'une moto-école qui voudrait bien de moi et de ma surdité. Va alors commencer une période ressemblant plus ou moins à un film d'Indiana Jones...

A la recherche de la moto-école perdue...
Trois mois plus tard, j'avais essuyé presque une dizaine de refus, plus ou moins franc, plus ou moins polis. Du sincère gars qui ne s'en sent pas capable, au pauvre fourbe qui dit qu'il te recontactera pour finalement ne jamais donner suite, j'ai un peu tout eu.
Et quand j'allais finalement abandonner, je suis tombé sur une petite auto/moto-école, s'occupant notamment d'handicapés moteurs, avec à sa tête un gars extraordinaire. 

Un gars extraordinaire et pragmatique. Comme moi en fait, sauf qu'en plus je suis modeste.

Je disais donc, pragmatique :

"Tu es motivé ? Et bien on trouvera des solutions pour t'apprendre la moto et te faire passer ton examen !"

Voilà, ni plus, ni moins. Pas de soupirs, pas d'yeux au ciel, pas de long discours plus ou moins pertinents, pour expliciter un refus plus ou moins franc.

Il faut tout de même savoir que légalement, la surdité ne pose un problème que pour conduire des engins de transports publiques...et rien d'autre. C'est à dire qu'une fois la visite médical à la préfecture effectuée, et que cette - plus ou moins - vénérable institution a donné son feu vert, les examinateurs doivent s'adapter pour réussir à vous faire passer les examens, c'est la loi !

Pendant que je prépare mon examen du code, je vais faire ce que tous les futurs motards font : écumer le net pour trouver la moto qui les fait vibrer. Je me renseigne donc, je découvre les modèles de moto, des roadsters qui pourraient facilement avoir leur place dans les films Transformers aux trails pour voyageurs.

Pendant ces premières recherche je découvre alors un nouveau monde, qui sans me rebuter, ne m'extasie pas non plus. De toute façon, le moral au même niveau de déliquescence que mon audition, rien de m'extasie vraiment, rien ne me fait vraiment envie, rien ne me fait vraiment rêver. Seul la curiosité de conduire une moto et la volonté de faire quelque chose me poussent à m'accrocher.
Je suis sourd, je ne peux plus faire de musique, je ne peux plus faire des poses de connards avec ma BC Rich Warlock, le pied sur les retours de sono en jouant du riff ultra gras devant trois gars bourrés, et encore moins devant des centaines de personnes, comme cela était arrivé quelques fois.


On en a joué, du gros riff bien gras, nous deux...

C'était mon rêve de gamin, je l'avais réalisé, j'ai eu cette chance mais je ne pouvais plus le faire, je ne pourrais plus jamais le faire, c'était ce qui me faisait vibrer, et des années après la vie me paraissait terne sans ces moments de folie douce.
Lorsque que je me retournais sur le chemin parcouru je voyais donc cela, à travers d'un épais filtre de nostalgie. Mais devant moi il n'y avait plus rien, à part mon boulot. qui bien qu'intéressant et parfait pour briller en société, ne m'exaltait pas des masses.

Jusqu'au moment où, au fur et à mesure de mes pérégrinations sur la toile, je tombe sur un blog et plus particulièrement sur ces deux photos :




Note: si j'ai conservé les photos, je n'arrive plus à retrouver le blog en question...

Des photos somme toute assez anodines mais qui ont provoqué chez moi un véritable déclic. Quand j'ai vu cette vieille moto, chargée comme une mule, sur cette route du Pakistan, photo qui alors me semblait provenir d'un autre âge, je me suis dit pour la première fois depuis longtemps :

"Je veux faire ça ! Je veux VRAIMENT faire ça !"

J'ai eu le sentiment de trouver dans cette image ce qui allait devenir "mon truc à moi". Et la suite des événements ne m'a pas donnée tort, même s'il me reste encore du chemin à parcourir avant d'aller seul dans les territoires perdus de l'Asie. Mais ça, si vous suivez mon blog, vous le savez déjà !

Bref...

Nous voici donc en Novembre 2011, soit six mois après avoir avoir commencé à chercher une moto-école. Je viens de réussir mon code, et je pose mon fessier musclé - à l'époque - sur une moto.

Enfin.

Mes moniteurs, Lionel et Catherine, vont alors tout faire pour que je puisse comprendre leurs directives malgré ma surdité, et pour tenter de me mettre à l'aise. Hélas, à l'époque je n'étais qu'une boule de stress et d'angoisse. Sentiments que je tâchais de contenir au jour le jour, avec une réussite relative, mais qui finissaient par m'exploser à la gueule lorsque j'étais au guidon de la moto, comme si celle-ci jouait le rôle d'un véritable révélateur de mon mal être de l'époque.

Crispation, manque de confiance, coups de colère, chaque leçon de plateau était une véritable épreuve durant lesquels mes progrès étaient infimes voir inexistants, malgré la qualité de l'enseignement de mes moniteurs. Et quand au bout de quelques dizaines d'heures de cours, Lionel m'emmena en circulation pour me changer les idées, cela se finira en larmes sur le bord de la route en raison d'une vitesse mal passé ou d'un clignotant oublié, je ne sais plus. Peu importe, car là n'était pas le souci...

Ce permis moto était devenu le symbole de ma vie : incapable d'avancer, incapable de réussir, de plus en plus écrasé par ma surdité alors que je ne cessais de vouloir casser cette bulle oppressante qui m'isolait chaque jour d'avantage. Ma frustration et ma détresse m’entraînaient dans un cercle vicieux où rien de bon ne pouvait m'arriver, puisque je ne me sentais plus bon à rien.
La moto me semblait être la seule chose pouvant casser cette spirale, rendant mes échecs et mon absence de progrès d'autant plus frustrants.

Mais je l'aimais bien cette moto. Les heures de cours passaient, ce foutu parcours lent était toujours infaisable après plus de quarante heures de cours, j'ai voulu abandonner une dizaine de fois, mais je suis toujours revenu.
Car quand je chevauchais ce petit tromblon pour partir sur le plateau, quand je prenais ce guidon dans les mains, quand je sentais les vibrations de ce moteur qui me paraissait rugir au moindre coup d'accélérateur, une chose était certaine : j'aimais cela.
Alors je me suis acharné, encore et encore, j'ai beaucoup crié de rage, j'ai parfois pleuré, mais j'ai continué à venir en leçon, encore, et encore, et encore.

C'est en Juin 2012, six mois après le début de mes cours, un an après m'être lancé dans cette aventure, que les choses vont se débloquer, grâce à une orthophoniste.

Et oui. Je sens que cela mérite peut-être une petite explication. Ou une longue.

Ma vie sociale à l'époque se réduisait à mes collègues de boulot. Leur attention à l'égard de ma situation auditive et leur sympathie m'ont permis de ne pas perdre pied complètement. Mais il n’empêche, je passais mes soirées et mes week-ends seul. De toute façon je ne voulais plus sortir.

A quoi bon?

Je ne comprenais plus rien des conversations hormis les échanges en tête à tête en milieu calme - et encore, avec beaucoup de difficultés. Les blagues, les discussions en groupe, les échanges spontanés et rythmés, cela faisait bien longtemps que je n'y avais plus accès et après des années à me battre, j'en avais tout simplement ras le bol, j'en avais assez.

Assez de rigoler parce que les autres font de même, mais sans savoir pourquoi. Assez de devoir faire semblant. Assez, surtout, de ce regard excédé de la personne qui en a marre de ne pouvoir se faire comprendre. Assez de passer pour un con. Assez de ne pouvoir être moi-même. Assez de ne pas pouvoir communiquer. Assez d'être mis à l'écart.

Stop.

Imaginez-vous être invité à une soirée. Celle-ci se passe dans un grand salon avec une baie vitrée. Les gens rient, parlent, échangent, s'engueulent. Bref, les gens vivent.
Mais vous êtes dehors et quelqu'un l'a fermé, cette baie vitrée. Vous les voyez donc vivre ces gens, mais vous ne les entendez pas. Ils passent vous faire un petit coucou derrière la vitre, de temps à autre; ils vous écrivent la bonne blague qui vient d'être dite, parfois, puis repartent. Et viennent vous voir de moins en moins souvent à force que la soirée, la vie, avance.
Car il est bien difficile et peu agréable de converser, de se découvrir, de se connaître quand un tel obstacle vous séparent. C'est bien naturel, d'autant qu'ils ne comprennent pas vraiment pourquoi il m'est si difficile d'entrer dans la pièce avec eux, de vivre avec eux. Ils n'imaginent pas que ce grand garçon athlétique -  mais ça c'était avant, au cursus universitaire apparemment exemplaire, ancien musicien, est sourd, vraiment sourd, et qu'il ne comprend plus grand chose à ce qu'on lui dit.

Et qu'il est fatigué de tout cela.

Comment leur en vouloir d'ailleurs ? Je ne prenais pas moi-même la mesure des choses. Et c'est bien pour cela que je suis allé voir une orthophoniste : parce que je pensais que je ne faisais pas assez d'efforts pour rentrer dans ce salon, pour franchir cette baie vitrée, pour vivre avec les gens.
Je suis donc allé voir cette dame pour apprendre à lire sur les lèvres. Je ne vais pas vous détailler cette séance, mais je peux vous la résumer facilement par un échange après qu'elle eut testé mes compétences en lecture labiale :

Elle : "Mais pourquoi êtes-vous ici?"

Moi : "Je vous l'ai dit, je veux apprendre à lire sur les lèvres...", ai-je répondu un peu énervé par cette question - faussement naïve, mais je ne l'avais alors pas compris...

Elle : "Vous pensez vraiment que vous ne savez pas lire sur les lèvres?"

Moi : "Je sais que cela m'aide un peu, mais j'ai l'impression de ne pas faire assez d'effort pour comprendre les gens de manière générale..."

Elle : "Vous savez, d'après les test, votre compréhension est basée à 90% sur la lecture labiale...vous pensez vraiment que vous ne faites pas assez d'efforts? Car c'est extrêmement épuisant ce que vous faites là..."

Moi : "Si j'en fais, je crois, mais..."

Elle : "Mais?"

Moi : "Je n'y arrive plus, je n'arrive plus à communiquer avec les gens..."

Elle : "C'est normal, vous faites tous ce que vous pouvez mais votre surdité est maintenant trop profonde. Connaissez-vous l'implant cochléaire ? Car dans votre cas, cela pourrait être une excellente solution."

Ce n'était pas ma faute, je faisais tout ce que je pouvais, j'ai toujours fait tout ce que j'ai pu, j'ai réussi un parcours universitaire et professionnel dont beaucoup rêverait malgré un handicap "lourd", je ne suis pas une merde, mais je suis dans une situation merdique. Et il y a peut-être une solution. Il y a un espoir.

Voilà ce que moi j'ai entendu dans cette conversation, dans ces mots. Et voilà comment ma vie commença à changer, et comment quelqu'un, en quelques phrases, avait su me mettre face à la réalité et pu alléger mon fardeau.

En sortant, j'ai directement pris un rendez-vous pour une consultation en vu d'un bilan pré-implant. Ce qu'il se passa après ? Et bien je l'ai déjà raconté au moins en partie...je vous laisse chercher dans les archives du blog (dans le menu à droite), bande de flemmard.

C'est ce poids en moins sur ce fardeau si lourd qui m'a permis de progresser enfin sur ce satané parcours lent, j'en suis persuadé. Un peu plus détendu, dans une dynamique plus positive, j'ai réussi à me mettre moins de pression, et à avoir un peu plus confiance en moi. Un peu, mais suffisamment pour que les progrès pointent le bout de leur nez - c'est complètement con comme phrase, un progrès ça n'a pas de nez...

Bien sûr, les choses ne se sont pas faites du jour au lendemain. Il y eu un premier échec monumental à l'examen, au début de l'été, puis un autre en Septembre.
Mais après plus de soixante-dix heures - même pas honte, j'ai enfin réussi à obtenir l'examen du plateau. C'était, je crois, le 14 octobre 2012. Moins de deux semaines après, j'étais hospitalisé pour la pose de mon premier implant.

Des gens pour m'aider, de la réussite, de l'espoir, des envies, des rêves. L'espoir de récupérer une vie un peu plus facile, des envies de moto, des rêves de voyage.

En octobre 2012, la roue avait commencé à retourner dans le bon sens et quatre ans plus tard, elle ne s'est pas encore arrêté.

A suivre...














7 commentaires:

  1. Bien joué, pour ta persévérance, dans ta vie comme sur la moto, ainsi que pour l'écriture de ces billets communicatifs, qui donnent espoir, j'imagine à tous ces gens qui souffrent d'handicap mais aussi à tous les autres qui n'imaginent pas une vie si cela leur tombait sur le coin de la tronche. Continue d'écrire et de rouler, tu le fais bien (en tout cas pour l'ecriture) !

    RépondreSupprimer
  2. D'après Google, c'était sur le forum moto plaisir...
    http://motos-plaisir.forumactif.com/t254p15-vous-avez-dit-transalp
    .wHo3.

    RépondreSupprimer
  3. Cela fait plusieurs mois que je prends plaisir à te "suivre" virtuellement dans tes aventures.
    Bravo pour tes récits. Tu écris très bien.
    Tout ce que tu as décrit concernant ta surdité me parle énormément car je suis moi-même touché par ce handicap. Partiellement du moins car je suis sourd d'une seule oreille et c'est déjà très très gênant au quotidien...
    Tes récits sont donc un message d'espoir pour moi et je t'en remercie.
    Bravo pour ta persévérance et ta volonté. Je prendrais plaisir à te rencontrer.
    Peut-être qu'on aura l'occasion de se croiser un jour sur les routes de Motardie...

    Bye

    RépondreSupprimer
  4. Bonsoir ,

    merci pour ce très beau blog, bien écrit et plein d'humour ! Me voilà entre rire ( un peu jaune tout de même vu mon parcours d'implantée !) et larmes sur mon canapé !
    J'attends la suite avec impatience !
    A bientôt

    RépondreSupprimer
  5. Bonsoir ,

    merci pour ce très beau blog, bien écrit et plein d'humour ! Me voilà entre rire ( un peu jaune tout de même vu mon parcours d'implantée !) et larmes sur mon canapé !
    J'attends la suite avec impatience !
    A bientôt

    RépondreSupprimer
  6. Hello, j'ai commencé au hasard par un article sur le trip "into nimporte quoi" en suivant un lien sur un forum de café racer puis j'ai survolé un peu tous tes récits ..... je dis "CHAPEAU L'ARTISTE" !!! tu m'as filé la banane pour toute la journée !!! j'espère que tu vas continuer à vivre tes rêves, tu es un vrai passionné, un vrai conn*rd en fait ... et il en faut !! !
    au plaisir de te lire Stivostine

    RépondreSupprimer
  7. apparemment le blog n'a pas passé 2017 !!!ou alors un trous noir peut etre

    xD

    RépondreSupprimer